L’école au fil du Mékong

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Cambodge.

lac Tonlé Sap

Nous sommes sur le lac Tonlé Sap, sur les rives du Mékong  non loin de la ville de Kampong Chhnang et Battambang au Cambodge. Chaque jour des enfants partent à l’école à bord de sampang des petites barques en forme de pirogues. C’est leur moyen de locomotion, car ici toutes les populations vivent sur l’eau.  Les villages flottants, des quartiers entier de maisons sur pilotis. A terre c’est le vélo ou le scooter ici c’est le bateau. On revêt son uniforme avec ses initiales, on prend son cartable et pas question de faire l’école buissonnière ou de ronchonner pour se lever le matin, ici l’école c’est sacrée un immense sacrifice pour les familles.

 


Sous le regard des bonzes et du bouddha.
Traditionnellement, l’enseignement était dévolu aux pagodes et portaient essentiellement sur l’étude des textes sacrés destinés à régenter la vie quotidienne. Les filles n’y étaient tolérées que dans certains cas où elles étaient exclues à partir de la pré-adolescente. De nos jours les bonzes  n’assurent que l’enseignement des futurs moines puis des plus démunis « les enfants des rues ».
Durant la période du colonialisme.
L’école souvent dirigés par « les jésuites » enseignait le Français, la géographie puis l’arithmétique. Elles étaient essentiellement fréquentées par les enfants des dignitaires qui espéraient en cette éducation, à des postes de responsabilités politiques au sein du pays ou en France.
Puis soudain tout dégénère….
En 1975, l’instauration du Kampuchéa démocratique va mettre à mal le système éducatif .Les cambodgiens, accusé d’avoir contribués par ses enseignements à préserver l’ancienne société que les partisans de Pol Pot ; les Khmers Rouges jugeaient décadente et voulaient éradiquer. Les écoles seront fermées,  le seul fait d’avoir été enseignant suffisait à condamner les intéressés à une mort certaine dans les prisons du S21 puis les camps de travail . Avec le régime des « khmer rouges », 90 % des élites qui auraient pus rebâtir une administration avaient disparus ou avaient émigrés alors que plusieurs classe d’âge n’avaient plus été scolarisées, depuis 1970 dans les zones qui à cette époque avaient déjà échappées à tout contrôle gouvernemental.
Le temps de la reconstruction.
Le pays sera mis sous tutelle ONU  en 1993. Le seul fait de savoir lire et écrire suffisait alors pour s’improviser enseignant. Malgré ces conditions difficiles et un contexte politique délicat, un système éducatif est restauré dans une ambiance pionnière où le dévouement du personnel compensait le manque de moyens.
Depuis 1996, les conditions de recrutement ont été redéfinies : tous les enseignants doivent avoir accompli un cycle complet de formation  ils bénéficient d’une formation de deux années, une troisième étant instaurée pour les candidats se destinant à l’enseignement dans le second cycle des lycées . Aujourd’hui, le nombre d’enseignants non titulaires du Baccalauréat devient de plus en plus rare.
Qu’en est il aujourd’hui ?
En ce début du XXIe siècle,  la condition enseignante reste peu enviable : disposant de faibles salaires les professeurs sont parfois conduits à occuper un deuxième emploi au détriment de leur investissement et de leur temps de présence en classe. Ils souffrent, de surcroît, d’un manque de reconnaissance sociale. le personnel enseignant, faute d’un salaire réellement adapté permettant de couvrir les dépenses courantes, des enseignants étaient amenés, notamment en zone rurale, à exercer une seconde activité professionnelle (agriculteurs, mécaniciens réparateurs de mobylettes…) avec des conséquences évidemment nuisibles quant à leur temps de présence en classe et à leur degré de motivation.
Des enseignants mettent en place des cours supplémentaires contre une participation financière elle met en défaut le principe de gratuité de l’éducation de base qui figure dans la loi de 1993 et qui est réaffirmé dans les objectifs de l’Éducation pour tous.
Elle renforce les inégalités de réussite scolaire liée à l’origine sociale. Ces cours privés se révèlent, en effet, déterminants dans les parcours de formation. Des exemples, cités par les rapporteurs de l’UNESCO témoignent de performances qualitativement différentes selon que les élèves bénéficient ou non de ces enseignements supplémentaires ainsi, entre autres, dans les zones rurales.
Qu’en est il de la motivation des élèves ,des écoliers ?
Ici pas de doute, on va à l’école sans pleurer, c’est une chance, c’est un privilège.
Chenda 10 ans, veut devenir enseignante dans un lycée pour les enfants du pays tandis que Reksmei, 15 ans, lui veut devenir médecin afin de pouvoir soigner sa famille, puis les autres.

On a envie d’apprendre, de savoir lire, écrire, compter, puis on est curieux de tout, on parle on discute avec ses camarades, qui deviennent des amitiés parfois pour la vie, ici il règne une solidarité entre élèves, on se motive, on participe ensemble à l’avenir du pays, sorte de nationalisme précoce qui se prolonge jusqu’au études universitaires, pour ceux et celles qui auront la chance de pouvoir y accéder, car » je ne cesse de le répéter », au Cambodge, l’école, l’éducation, est un énorme sacrifice financier pour les familles. « Alors larguez les amarres, cap sur l’école, tous en classe !!! »

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